Pudeur et honnêteté : voilà ce qui vient à l'esprit à l'écoute de ce disque. Aucun effet de manche ici, le pianiste n'est pas là pour briller au détriment de la musique. C'est en humble serviteur de Chopin qu'Eugen Indjic se présente à nous. La ligne directrice est là et bien là et la richesse du texte est magnifiée par un jeu mettant en valeur avec subtilité les différentes voix. Pas de rubatos intempestifs, pas de mignardises, le texte et rien que lui et disons le tout net, cela fait un bien fou d'entendre jouer Chopin avec cette franchises et cette sobriété.
Il est toujours émouvant d'entendre un artiste s'effacer ainsi devant le compositeur. Indjic, par sa connaissance intime de Chopin, son jeu noble, sans la moindre faute de goût, nous dévoile en pleine lumière l'âme du compositeur. |